Do you speak communication ?

Si vous travaillez avec des communicants, ou si vous êtes communicant vous-même, vous ne tomberez pas de votre chaise si je vous dis que clairement, le jargon est omniprésent dans le secteur de la communication.

Cet article est la transcription enrichie du quatrième épisode de la deuxième saison de notre podcast.

Vous me répondrez peut-être que c’est le cas dans d’autres secteurs, voire dans tous les secteurs. C’est vrai ! Mais comme ici, on s’intéresse à la communication, et bien je vais vous parler de ce que je connais. Et en matière de jargon, on n’est clairement pas en retard sur les autres.

Pour qu’on soit tous d’accord, le jargon, qu’est-ce que c’est ? Si on se réfère au Larousse, il s’agit du “vocabulaire propre à une profession, à une discipline ou à une activité quelconque, généralement inconnu du profane, argot de métier”. Voilà pour la définition exacte !

Autrement dit, le jargon de communicant, c’est la langue commune qu’on adopte entre professionnels, en agence et dans les services de communication des entreprises, et qui est inconnue du reste du monde.

Alors dit comme ça, on ne voit pas bien l’intérêt de ce jargon. Ça semble un peu excluant comme affaire. Sauf que, eh bien il a du bon ce jargon ! Je m’explique…

D’abord, le jargon, c’est la langue de la connivence. Il nous permet de nous reconnaître entre professionnels de la communication. Il nous rapproche, donc. Une première journée de travail dans une nouvelle entreprise, une soirée networking ou un dîner chez des amis : on rencontre un collègue ou un pair, on échange quelques mots et tout de suite, on sait qu’on parle la même langue.

La porte est ouverte, on peut joyeusement échanger sur les atouts du content marketing pour booster une notoriété, augmenter le trafic d’un site… On peut parler calibrage, H1, H2, balises title et metadescription…

Ensuite, le jargon, il nous permet, dans un contexte de travail, d’aller plus vite et d’être plus efficaces dans nos échanges entre collègues. Pas besoin de passer par quatre chemins pour expliquer où on en est sur un dossier, ou ce qu’on attend dudit collègue pour pouvoir avancer. On limite les incompréhensions.

Mais alors, pourquoi il a si mauvaise presse le jargon ? Et bien peut-être parce que, vu de l’extérieur, ça peut être tout l’inverse. Du côté des non-communicants, qui sont parfois nos prospects ou nos clients, soit le jargon impressionne et rassure — parce qu’on montre avec lui qu’on connaît notre métier, qu’on maîtrise notre sujet — soit le jargon rebute, parce que l’interlocuteur considère qu’on ne fait pas l’effort de parler la même langue que lui, que c’est prétentieux, et que tout ça met une barrière entre nous.

Le jargon, c’est donc quelque chose de très polarisant. Et nous, avec lui, ben on tombe du bon côté ou du mauvais.

En plus, dans le cas de la communication, avouons-le, le jargon est souvent truffé d’anglicismes. Et là ben… pour certaines personnes, autant dire qu’on cumule au niveau du snobisme ! Ce qui nous amène à une autre question : Pourquoi autant de mots en anglais dans la com sacrebleu !?

Tout simplement parce qu’en général, les concepts innovants, ils viennent plutôt de l’autre côté de l’Atlantique. Et puis avouons-le, ça marche mieux ! Y en a qui ont dit appels à l’action au lieu de call to action, et mise en récit au lieu de storytelling, ils ont eu des problèmes…

Alors finalement, elle est où la bonne solution ? Et bien dans l’idéal, la solution, c’est d’utiliser suffisamment de vocabulaire métier pour être reconnu comme faisant partie d’un groupe, ou — dans le cadre du bureau — pour échanger efficacement avec nos collègues, MAIS d’être capable d’en sortir ou d’avoir le réflexe de donner des explications de texte lorsque l’interlocuteur, en l’occurrence le prospect ou le client, est face à nous. Car oui, si on abuse du jargon, on devient excluant.

C’est une suggestion, car finalement, avec cette affaire de jargon, on fait un peu comme on veut. Chez le Diable est dans les détails, on essaie de l’éviter le plus possible pour être claires lorsqu’on s’adresse à nos clients, et parce que naturellement, ça n’est pas dans nos habitudes. Mais lorsque justement, c’est quelque chose d’ancré, pourquoi se brider ? Certaines agences en usent et en abusent et cela parle certainement à leurs clients autant que ça les rassure.

Merci d’avoir écouté cet épisode. S’il vous a plu, je ne peux que vous encourager à vous  abonner au podcast du Diable est dans les détails, et pourquoi pas à lui mettre des étoiles et des commentaires sur Apple Podcast. Ça nous aide beaucoup ! Vous pouvez retrouver cet épisode sur notre site Internet dans son format billet de blog avec plein d’infos en plus.

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On se retrouve dans deux semaines pour le prochain épisode ! En ce début d’année 2021, Laura vous parlera planning ! A très bientôt 🙂

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