Les GIFs, c’est la vie !

On l’a cru ringard, dépassé, ne passant pas le cap des années 90 mais, tout comme le jean taille haute revient à la mode, ce format trentenaire est revenu à l’assaut du web et se place aujourd’hui comme un incontournable de la culture web, notamment avec les mèmes. Et pour les entreprises, utiliser le GIF dans leur communication a un vrai intérêt.

Cet article est la transcription enrichie du douzième épisode de notre podcast.

Bon déjà, éliminons les sujets qui fâchent : guif ? jif ?

Au risque d’en décevoir certains, on prononce bien jif. Ce n’est pas moi qui le dis, mais le créateur même du format, l’informaticien Steve Wilhite. Et même, djif, si on veut prononcer à l’américaine. Et ce n’est pas parce qu’Obama dit guif qu’il faut faire pareil. Tout le monde peut se tromper ! Tout comme le dictionnaire anglais Oxford, qui accepte les deux prononciations mais “a tort. C’est un G doux, prononcé jig. Fin de l’histoire” dixit le fameux Steve.  

D’après un sondage mené par Stack Overflow, la prononciation dépend du pays où l’on vit : guif pour les Américains ou les Russes, jif pour les Français ou les Indiens. Mais le débat n’est pas près d’être clos, certains ont même créé un site entièrement dédié au sujet : http://howtoreallypronouncegif.com/ 

De notre côté, le choix est fait, on croit les sources de premier ordre 😉 

C’est quoi un gif ?

Le GIF, ou Graphic Interchange Format (format d’échange d’image) a été créé en 1987 par notre fameux Steve, qui travaillait alors pour CompuServe, un fournisseur de service en ligne aux US. L’objectif était de simplifier le téléchargement d’images en couleur. C’est en 1995 que des ingénieurs de Netscape créent le format “image animée”

Ce format permet de stocker plusieurs images en couleurs dans un même fichier pour en faire une image animée, très légère, et donc facilement partageable avec des connexions environ 40 000 fois plus lente qu’aujourd’hui.

Le GIF, on le voyait partout (enfin, pour ceux qui avaient une connexion internet), mais considéré comme kitsch, il ne passe pas le cap du 21e siècle. Des plateformes comme Tumblr permettent son retour en grâce, par exemple sur Quand tu es stagiaire ou Vis ma vie de stagiaire.

En 2012, c’est le come-back. Le dictionnaire d’Oxford en fait son mot de l’année. Par le GIF, on raconte une histoire, on fait passer des émotions, on crée une conversation, on réagit. En 2013, Steve Wilhite reçoit un Webby Award d’honneur pour sa création, remis par le patron de Tumblr lui-même. 

Ok, c’est marrant, mais vous ne voyez pas ce que ça vient faire dans un podcast sur la comm édito ?

Le potentiel du GIF n’est pas uniquement lié à un usage privé. 

Des entreprises se sont spécialisées dans les GIF, comme Giphy, le plus connu, véritable Google du GIF qui est intégré à Twitter, Instagram ou encore Whatsapp. Ou encore Tenor, acheté par Google.

Les médias aussi se mettent aux GIF, comme Buzzfeed qui fut l’un des premiers à en utiliser. 

Plus récemment, les entreprises s’emparent du format. L’objectif, c’est de créer des images suffisamment drôles ou attractives pour qu’elles deviennent virales. Les internautes se les partagent, sans forcément remarquer qu’il s’agissait d’images sponsorisées. Pas mal la pub à moindres frais 😉

La RATP a par exemple lancé sa chaîne sur Giphy début 2020, avec un beau succès puisqu’en 2 semaines, ses 69 GIFs ont été vus plus de 2 millions de fois. L’objectif : permettre aux Franciliens d’illustrer leur quotidien dans les transports, mais aussi aux community managers de répondre aux usagers de manière décalée.

D’autres grands ont aussi leur chaîne Giphy : la NBA, Fox TV, Evian, Arte TV

Une équipe interne à Giphy créé des GIFs en live lors de grands évènements comme les Grammy Awards ou le Super Bowl. 

Giphy a signé des partenariats pour créer les GIFs officiels de films (comme Star Wars) ou encore avec des entreprises comme Calvin Klein, General Electrics ou Pepsi.

Dans le domaine de la recherche ou de la science, le GIF permet de vulgariser. L’astronaute Hugh Osborn a partagé sur Twitter un GIF montrant 3 siècles de recherche de planètes et exoplanètes. Un festival du GIF scientifique a même connu sa première édition en 2020.

Les marques de mode peuvent montrer en gif le mouvement d’un vêtement pour attirer les clients,  Oasis joue à fond la carte de l’humour, le New York Times a montré l’évolution de sa Une à travers le temps en GIF, les films/dessins animés peuvent annoncer un évènement ou une sortie avec une image du film en question…

Bref, les usages possibles sont immenses.

Au-delà de ces aspects, à travers le GIF, les marques créent une connivence avec les internautes, montrent qu’elles partagent des références culturelles communes, mettent en avant leur identité. Elles peuvent parler de leurs services ou produits de manière décalée, humoristique. 

Le GIF, tout comme une image classique, attire l’oeil. Le Graal lorsqu’on communique en ligne ! Une étude d’Adobe, réalisée sur Facebook, avait révélé qu’un texte associé à une image suscitait 650 % d’engagement de plus qu’un texte sans image.

Bref.  Il y aurait eu encore beaucoup à dire ! Mais à défaut “d’être la vie”, les GIFs sont vraiment plus qu’une image de chaton mignon. C’est un véritable outil de brand content !

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On se retrouve dans deux semaines pour le prochain épisode ! Qu’est-ce qui fait un bon contenu ? C’est ce à quoi Nadège s’intéressera. A très vite !

Photo : le fameux mème Nyan Cat
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